Portrait

Elio Di Tanna, le piano sans complexe

Pianiste atypique baignant dans une heureuse polyvalence, Elio Di Tanna incarne un piano décomplexé et sans a priori, ouvert tous azimuts aux rencontres et aux pratiques musicales les plus variées. Son actualité pour cette nouvelle année reflète son éclectisme exigeant et inspirant, dont la reprise du spectacle Novecento avec André Dussollier au Théâtre de la Porte Saint-Martin, du 9 janvier au 31 mars 2019, n’est que la partie émergée de l’iceberg : enregistrement, d’ici l’été 2019, d’un disque construit autour de la danse (de Bach à la musique actuelle ou improvisée, en passant notamment par Piazzolla) pour le label Blueberri, parution d’un disque Rachmaninov en sonate et en trio, projets de collaboration, dans la foulée des ciné-concerts de La La Land donnés à Paris et en tournée fin 2018, avec la société de production uGo&Play, composition de musiques pour l’image, diffusion sur France 2 du film-documentaire Les Enfants maudits de Cyril Denvers, dont Elio Di Tanna et Baloo Productions ont réalisé la bande son, participation à plusieurs projets pour le théâtre, dont l’un en cours d’élaboration avec Francis Huster…

NOVECENTO AU THÉÂTRE DE LA PORTE SAINT-MARTINL


Le monologue d’Alessandro Baricco mis en scène par André Dussollier et scénographié par Pierre-François Limbosch fait salle comble à Paris comme partout en France où il est accueilli depuis sa création en 2014. Porté avec virtuosité et ferveur par André Dussollier, également investi dans l’adaptation du texte et la mise en scène, le texte trouve son contrepoint musical dans le quartet à la fois intimiste et rayonnant formé sur scène par Elio Di Tanna (piano), Sylvain Gontard (trompette, en alternance avec Gilles Relisieux), Olivier Andrès (contrebasse) et Michel Bocchi (batterie).

« Au plaisir de la scène s’ajoute le fait d’avoir tout construit du début à la fin, avec de fins collaborateurs musiciens. C’est un travail collectif pour faire tenir en équilibre les mots et la musique, et que la musique soit un personnage qui existe pour ce qu’elle est. »

André Dussollier

L’INCARNATION D’UN PIANISTE VIRTUOSE AU RÉPERTOIRE IMMENSE


Cette complicité nouée avec ses partenaires de scène comme avec le public par André Dussollier – sa performance lui vaut le Molière 2015 du meilleur comédien – galvanise littéralement un texte déjà profondément attachant et humain. Le comédien y endosse tous les rôles – le narrateur trompettiste, le pianiste, le commandant du paquebot, une voyageuse… – tandis qu’Elio Di Tanna y incarne musicalement Novecento, traduisant au clavier la passion de la musique du personnage romanesque mais aussi l’immensité de son répertoire, reliant, comme le paquebot qu’il habite, l’Europe de Debussy et Ravel avec le jazz américain naissant des années 1930.

« C’est un formidable plaisir pour moi, d’allier ce magnifique texte à la musique. Je l’avais repéré lors de à sa parution en France en 1997. Lorsque l’on m’a demandé de réfléchir à un projet associant texte et musique, j’ai tout de suite pensé à Novecento : j’aime les mots et les silences, mais la musique est un langage international qui procure d’autres émotions. Elle est le personnage complémentaire des émotions produites par les mots. C’est écrit comme cela par Baricco, souligné dans les didascalies. Alors j’avais vraiment envie de le monter avec des musiciens sur scène. »

André Dussollier

UN SPECTACLE TOUCHANT PARTICULIÈREMENT LA JEUNE GÉNÉRATION


Ce spectacle au rythme endiablé et à la bonne humeur communicative, tant par le jeu de scène d’André Dussollier que par celui, musical, du quartet de jazz et du piano d’Elio Di Tanna, transpire la joie et touche particulièrement les jeunes.

« Nous en sommes à plus de trois cents représentations. André a une telle exigence du détail que le spectacle n’est jamais tout à fait le même. C’est formidable, car nous peaufinons en permanence. »

Elio Di Tanna